| LE MOULIN DE MUREL |
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On aperçoit de gauche à droite grange-étable, le bâtiment comprenant la salle des meules et les habitations, le pigeonnier, le four et la bergerie. |
| Le moulin de Murel est le premier moulin situé en amont, sur le Haut Vignon. Il se trouve à 1200 mètres de l’Œil de la Doux, et à 400 mètres de l’endroit, où le ruisseau devient permanent. Précédé d’une longue retenue, qui s’efforce avec difficulté, de barrer le cours naturel du Vignon, il bénéficie donc d’une grande quantité d’eau, qu’il peut utiliser à sa guise. |
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Le moulin, au soleil levant. Le moulin bénéficie d'un ensoleillement
exceptionnel du matin jusqu'au soir. Fait à signaler, car très
exceptionnel pour un moulin.
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L'HISTOIRE DU MOULIN |
| Sa
fondation
Son fondateur est probablement
le prieur de Murlat, dépendant du doyenné de Souillac, lui-même
seigneur d’une partie de la paroisse de Murel. Le doyenné de Souillac,
fondé par l’abbaye auvergnate d’Aurillac, au Xème siècle,
reçut des dons de la famille de Saint Géraud d’Aurillac et
de Frotaire, comte de Quercy. Le moulin a pu être édifié
dès cette époque, et servir de moulin bannier ou banneret,
à la paroisse de Murel. Après l’achat de la vicomté
de Brassac-Montvalent, vers 1170, les vicomtes de Turenne s’établissent
fermement sur le Causse de Martel.
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| Après
la guerre de Cent Ans
Le prieuré de Murlat ne
s’est pas relevé de ses ruines, et le prieur a dû résider
à Murel. Les bourgeois de Martel, fort riches, commencent à
guigner les biens du doyenné de Souillac, devenu abbaye. Parmi eux,
s’installent à Murel, la famille du riche chapelier La Borie, et
celle des Fournier, bouchers et marchands.Les La Borie, puis leurs descendants
les Lachièze (Murel), et les Tournier, deviennent propriétaires
de la seigneurie de Murel. Peut-être ont-ils une part du moulin ?
Au XVIIe siècle, le moulin est entre les mains des Fournier et des
Salvat, aussi propriétaires du Pic, puis, au XVIIIe siècle,
des Louradour, alliés aux Salvat. Devenus bourgeois, les Louradour
afferment le moulin, durant la Révolution.
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| A
son Altesse Monseigneur, et à Messieurs des Estats aux païs
de Quercy. Supplique du sieur Fornier
«
Supplie humblement Jean Fornier, bourgeois de la ville de Martel, qui représente
à Son Altesse et messieurs de ses Estats que les habitants de la
paroisse de Cazillac, mal intentionnés pour le pays de Viscomté,
ont, de leur autorité, cottisé le suppliant dans ladite paroisse
de Cazillac pour la chaussée, et deffuge (1) dudit moulin appelé
de Murel, sis dans ladite paroisse de Murel, et juridiction dudit lieu
dans le Viscomté, limitroffe (sic) de ladite paroisse et baronnie
de Cazillac.
(1) canal de fuite
La Réponse des Etats du Quercy : « Nous ordonnons qu’il
sera cottizé sur les contribuables à la taille dans la paroisse
de Murel, la somme de cent livres, payables d’ici deux ans en quatre pacts
égaux
"Ont signé : le duc de Bouillon, Mirandol député de la noblesse et sindic général, de Courèze, premier consul de Martel, Folhols, premier consul de Saint Céré, Drulie, premier consul de Gagna, Girbaud, greffier des Etats." |
| Pour
comprendre cet acte, il faut rappeler que le Vignon sert de frontière,
jusqu’à l’achat, par le vicomte de Turenne, de la baronnie de Cazillac,
entre la vicomté qui s’étend sur la région de Martel,
et la baronnie qui comprend Cazillac, et a des droits sur Strenquels.
Le vicomte perçoit une taille (impôt) beaucoup plus faible que la taille du Roi payée à Cazillac. On comprend que le sieur Fornier proteste contre la double imposition, et cherche à se faire cotiser uniquement sur Murel, en vicomté. Or, un peu comme les anciens chemins, les ruisseaux, servaient alors de frontières. Les moulins avaient donc souvent un pied dans une paroisse, et un pied dans l’autre. Le moulin de Murel a donc un pied à Murel, et un pied à Cazillac. Il serait intéressant de savoir pourquoi, c’est la deffuge du moulin, et non le ruisseau, qui sert de frontière. Il est probable qu’à un moment donné, on a considéré la deffuge, comme le cours naturel du ruisseau. |
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L'imposant pigeonnier se mire dans la retenue. |
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Le moulin
face est.
On distingue nettement la grange-étable avec ses deux niveaux : étable au rez-de-chaussée, vaste grange au-dessus. On distingue aussi le canal de fuite et le Vignon au pied du four. |
| Le pigeonnier et le pont . Au premier plan la Doue (anciennement le Vignon) |
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| Le pont du moulin |
En 1839, M. Lalé propose de faire
reconstruire le pont, qui est situé sur la defuite (ou canal de
fuite) de son moulin, et sur le territoire de la commune de Martel. Il
ajoute que la commune de Cazillac contribuera à cette réparation.
Le conseil municipal de Martel arrête que la commission, ci-devant
nommée pour examiner le pont, s'adjoindra un de ses membres, M.
Judicis, et fera faire par Moncany, maçon à Gluges, un devis
estimatif, à la vue duquel, il sera statué sur les suites
à donner à la proposition de M.Lalé.
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| 1848.
Aux citoyens composant le conseil municipal de la ville de Martel, les
soussignés, habitant Martel et Cazillac.
Citoyens, Un pont, dont la construction paraît être très ancienne, existait sur le ruisseau du Vignon, tout près du moulin de Murel, et servait aux communications des habitants de Martel, avec le village de Mas la Fon, et autres lieux de la commune de Cazillac, et vice-versa. En outre, il était indispensable aux habitants de la rive droite du ruisseau, c’est-à-dire du bourg de Murel, et de la commune de Martel, pour aboutir au moulin de Murel. Depuis longtemps, ce pont menaçait ruine. A une époque qui n’est pas fort ancienne (1839), le conseil se préoccupa vivement de son mauvais état, et résolut de le faire réparer. Une commission fut nommée pour l’examiner. Les réparations à faire, et un plan furent dressés. Toutefois, les choses en restèrent là, et ce pont, ainsi abandonné, a fini par s’écrouler, en sorte que, pendant tout le temps que les eaux sont un peu fortes, les communications de Martel et Murel avec le moulin, et avec Mas la Fon, sont interrompues. La dépense à faire pour cet objet n’est pas considérable. Il est inutile de faire construire un pont en pierre; il suffira, après avoir fait réparer les murs, qui doivent soutenir le pont, de faire jeter par dessus quelques poutres, et de les munir d’une rampe, pour éviter les accidents, qui, sans cette précaution, ne manqueraient pas d’arriver. Les soussignés vous supplient d’aviser au moyen de faire exécuter les réparations. Signés : Jarrige, Verdié, Leymarie, Lavergne, Delvert, Levet, Valladier, Lalé, Baptiste Cert, Coste. |
Finalement, le pont est reconstruit en pierre,
sans doute selon les plans de Moncany, et aux frais de Lalé.
| LE MOULIN AU TEMPS DES DELMAS. (1905-1916) |
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Monsieur Henri Delmas, né au moulin
le 14 janvier 1915, est venu nous rendre visite en 1975.
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| Le
métier de meunier
C’était un dur métier
où il fallait soulever d’un coup d’épaule des sacs de 50
kilos, et où il fallait se mettre à trois pour dégager
une meule avec des leviers et des supports (sans potence).
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La salle des meules
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Un tournant avec sa trémie
et ses meules.
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Une meule dormante est solidement posée sur un socle en pierre, laissant ici un passage au meunier pour accéder aux roues motrices. (les turbines) |
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Le Tacaud : nom donné par les meuniers
à la tournante la plus lente.
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Voici le blutoir qui
séparait farine et son. Il était actionné par une
courroie qui le reliait à l'axe d'un tournant.
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L'accès à la véritable usine sous la salle des meules, là où il y a les turbines. |
L'usine avec un de ses trois turbines.
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L'usine. Ici deux turbines. Le troisième est séparé par un muret. Les turbines ne sont pas visibles, car ils sont recouverts d'une enveloppe métallique à l'exception de la partie inférieure, afin que l'eau puisse exercer une pression plus forte sur les pales. |
| Les
gens faisaient moudre du froment, (ils voulaient alors de la mouture très
fine), du méteil, mélange de blé et de seigle, appelé
aussi mescle, de l’avoine pour leurs bêtes et du maïs.
Il y avait trois tournants à grains. Le plus beau et le plus rapide venait de Souillac. Sa tournante pouvait tourner à 180 tours/minute et servait pour le froment. La salle des meules est actuellement dans le même état qu'elle était, lorsque le moulin a cessé de fonctionner en 1947. Nous n'y avons fait aucune transformation, désirant la laisser "dans son jus". Il en est de même pour tous les autres bâtiments, exception faite de la plus grande partie des toits et des portes et fenêtres qu'il a fallu remplacer. |
La retenue
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Elle était
faucardée tous les ans, après avoir été mise
à sec. Un petit vivier se trouvait dans le pré, avec des
truites. Un autre vivier à anguilles était dans la retenue.
Le soir, on mettait des lignes, sur le bord de la retenue, avec de gros
hameçons et des vers. Les anguilles s’y prenaient durant la nuit,
et on relevait les lignes le matin. Le fond de la retenue, peu élevé
prés du moulin, s’enfonçait de quatre ou cinq mètres
jusqu’à former un véritable bassin, cent mètres plus
haut.
L’hiver, le meunier mettait des nasses, dans le coude du ruisseau, car les truites y remontaient. Elles se cachaient, au pied des piles du pont, et au bas de la retenue. L’été, les écrevisses pullulaient. Les enfants descendaient le ruisseau, dans des baquets à lessive de leur mère. Il y avait plus d’eau que maintenant, parce que Brive n’avait pas encore capté les sources du plateau. On buvait l’eau plus pure, qui sourdait sous le petit pont. Il y avait aussi d’autres sources, dans les prés d’amont. Quand elles tarissaient, on savait qu’on pouvait pénétrer dans l’Œil de la Doux! |
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La retenue pleine.
Au fond, on peut apercevoir l'entrée de l'eau dans l'usine. |
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L'entrée de la salle
des meules.
En bas le canal de fuite ou défuge. |
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| La
vie quotidienne
Le moulin et ses habitants vivaient
entièrement de leurs propres ressources, sauf pour les céréales.
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| La
maison
La salle du bas était
coupée en trois. A l’est, se trouvait la cuisine avec sa vaste che-minée
et la souillarde sous la fenêtre. Au nord, une petite pièce
parquetée était pourvue d’ un œil de bœuf, qui permettait
de surveiller la meunerie. Ses murs étaient faits de lattes de bois
et de torchis, et blanchis à la chaux. Le meunier se tenait là
pour faire ses comptes. A l’ouest, sous l’escalier, une pièce sombre
et humide, au plancher en terre battue, sur-montée des marches en
bois de l’escalier, servait de dortoir aux garçons meuniers.
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| La
famille
On faisait trois repas
par jour. L’essentiel en était une soupe épaisse aux légumes,
où la cuiller tenait debout : c’était la potée. Le
menu ne variait guère d’un repas à l’autre. En tournée,
le meunier et ses fils se contentaient de casse-croûte. Les repas
se prenaient en bas, dans la cuisine, devant le feu.
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Le four
Au dessus du foyer, les agneaux pouvaient se réfugier dans une petite pièce dont le sol était tiède. |
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La "chambrette" avant l'effondrement
de son toit et d'une partie de son mur.
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La "chambrette" pendant et après les travaux de restauration |
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L'imposante tour. La pièce du rez de chaussée
servait à faire le pain.
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| PROCES |
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10.01.1829. Un client mécontent.
Michel Perier, maître charpentier, Vayrac. Antoine Pierre Lalé, propriétaire et meunier habitant au moulin de Murel. Michel Perier a acheté il y a environ trois mois, cent doubles boisseaux de blé froment représentant cent quartons grande mesure pour la consommation de sa maison, moyennant le prix total de 100F, à raison de 5F le quarton de bonne qualité. Lalédevait les faire moudre et tranporter la farine chez Perier, dans la quinzaine suivant la vente, au fur et à mesure des be-soins de la maison. La farine devait être pesée à la livraison, et chaque quarton devait rendre 20 kilos. Le sieur Perier devait payer comptant à chaque livraison. Or, il n’a encore rien reçu, et le sieur Lalé s’est constamment refusé à exécuter le marché. Il demande l’exécution du marché, et 50F de dommages et intérêts. Antoine Lalé répond que la demande n’existe que dans l’imagination de Perier. |
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10.01.1829. Un client mécontent.
Michel Perier, maître charpentier, Vayrac. Antoine Pierre Lalé, propriétaire et meunier habitant au moulin de Murel. Michel Perier a acheté il y a environ trois mois, cent doubles boisseaux de blé froment représentant cent quartons grande mesure pour la consommation de sa maison, moyennant le prix total de 100F, à raison de 5F le quarton de bonne qualité. Lalédevait les faire moudre et tranporter la farine chez Perier, dans la quinzaine suivant la vente, au fur et à mesure des be-soins de la maison. La farine devait être pesée à la livraison, et chaque quarton devait rendre 20 kilos. Le sieur Perier devait payer comptant à chaque livraison. Or, il n’a encore rien reçu, et le sieur Lalé s’est constamment refusé à exécuter le marché. Il demande l’exécution du marché, et 50F de dommages et intérêts. Antoine Lalé répond que la demande n’existe que dans l’imagination de Perier. |
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10.01.1829. Un client mécontent.
Michel Perier, maître charpentier, Vayrac. Antoine Pierre Lalé, propriétaire et meunier habitant au moulin de Murel. Michel Perier a acheté il y a environ trois mois, cent doubles boisseaux de blé froment représentant cent quartons grande mesure pour la consommation de sa maison, moyennant le prix total de 100F, à raison de 5F le quarton de bonne qualité. Lalédevait les faire moudre et tranporter la farine chez Perier, dans la quinzaine suivant la vente, au fur et à mesure des be-soins de la maison. La farine devait être pesée à la livraison, et chaque quarton devait rendre 20 kilos. Le sieur Perier devait payer comptant à chaque livraison. Or, il n’a encore rien reçu, et le sieur Lalé s’est constamment refusé à exécuter le marché. Il demande l’exécution du marché, et 50F de dommages et intérêts. Antoine Lalé répond que la demande n’existe que dans l’imagination de Perier. |
| 20.04.1850.
A la requête de Jean Baptiste Delpech, propriétaire Murel, contre Antoine Lalé, meunier. Delpech possède au tènement du Castel une vigne, bois et friche confrontant, à l’Ouest et au Sud, la vigne de Lalé ou de feu Pierre Louradour, son beau-père. Un tertre Nord Sud les séparait. Le sieur Lalé l’a fait abattre, avec la borne qui se trouvait à l’ouest. Il a coupé du bois au-delà de son mur. Delpech demande 100F de dommages. |
| 20.12.1850.
A la requête d’Antoine Lalé, meunier à Murel, et Dame Elisabeth Louradour, mariés, habitant le moulin de Murel, contre Jean Baptiste Delpech Les requérants possèdent un bois de chênes au tènement du Castel contenant 1 hectare 20, confrontant Delpech, Maigne, Jarrige. Delpech s’est permis, en novembre, de couper, et emporter huit jeunes chênes de belle venue. Le bois est dans ce pays d’une rareté qui augmente tous les jours. Lalé demande 100F de dommages. Delpech dit que les chênes sont dans sa propriété. Il propose de mettre des bornes. |
| 03.10.1855.
A la requête d’Antoine Lalé, meunier moulin de Murel, contre Jean Bertin, cultivateur et charcutier à Martel. Jean Bertin doit 39F75 pour prix d’un cochon vendu en 1845. Le 31.12.1854, il lui a vendu la moitié d’un autre cochon à 46F les 50kg si l’animal pesait 200 kilos, et 45F s’il pesait moins. Le cochon a fait 177kg, d’où 88kg750 = 79F85. Total 119F40. Le sieur Bertin soutient avoir payé le cochon de 1845, et ne devoir que 25F les 50k pour celui de 1854. Le sieur Lalé observe, que pour donner son cochon à 25F les 50kg, il faudrait qu’il eût été atteint d’aliénation mentale, attendu que le prix, à l’époque du marché, dépassait généralement 50F pour aller jusqu’à 60F. |
| 3.03.1841.
A la requête de Jean-Baptiste Cluzan, maréchal-ferrant Martel ai cité le sieur Lalé, meunier, Moulin de Murel. Cluzan réclame 28F75 centimes, de diverses réparations faites aux outils de Lalé, fournitures de fer et acier, et pour avoir ferré le cheval de Lalépendant 22 mois, à raison de 12 F par an qu’il prit à l’abonnement le 24 juin 1838. |
| 2.11.1844.
A la requête de François Toumazou, boulanger à Martel, ai cité le sieur Lalé, meunier à Murel, pour payer 100F de dommages et intérêts, pour s’être permis, sans aucune provocation de la part du plaignant, et à la suite de quelques discussions qu’ils avaient ensemble dans le café du sieur Foulhiade à 5h½ du matin, le 24 octobre dernier, de le saisir à la gorge, le poussant vivement dans la cheminée du salon à droite, et après l’avoir renversé par terre, de lui asséner plusieurs coups de poing. Lui mettant ensuite un genou sur la poitrine, le sieur Lalé aurait infailliblement étouffé la plaignant, sans le secours de personnes présentes à la rixe qui s’empressèrent de le délivrer, en l’arrachant à la brutalité du sieur Lalé, homme si fort et si vigoureux, qui paraissait bien disposé à lui porter un dernier coup. |
| 8.02.1846.
Nous, commissaire de police, Martel, constatant que hier, vers les 8h du soir, étant en tournée de surveillance et arrivé au haut des Cordeliers, avons entendu un bruit partant de la maison du Sieur Delluc fils, limonadier, située au bout de la place dite du Dehors…. avons aperçu plusieurs habitants des environs de la place des Cordeliers sortir de leurs maisons avec empressement, et se diriger vers ladite maison Delluc, dans la cour de laquelle nous sommes entrés, et avons trouvé un nombre considérable de personnes. Ayant pénétré dans la foule, nous avons entendu plusieurs individus que nous n’avons pu reconnaître, soit à cause de l’obscurité, soit que la plupart fussent des étrangers à la ville, tous vociférant, sans pouvoir distinguer que des plaintes et des menaces. Parmi eux, néanmoins, nous avons enfin rencontré le Sieur Delluc et son épouse, qui s’efforçaient de les apaiser. Ils ont déclaré qu’à la suite d’une discussion entre quelques individus de la campagne qu’ils ne connaissaient pas, le Sieur Lalé père, meunier à Murel, s’étant livré contre un des dits individus à des voyes de fait et violence, sans qu’il se soit aperçu que personne ait été frappé, avait occasionné une rixe, tumulte et tapage, qui a troublé la tranquillité des habitants du quartier. Citation à comparaître pour le Sieur Lalé le 19.02.1846. Contravention à l’article 479.8 du code pénal. |
| 7.03.1846.
Le commissaire de police, Martel, informé vers une heure après-midi que le Sieur Lalé, fils d’Antoine, meunier à Murel, vendait du grain dans la maison du Sieur Fayette, place des Cordeliers à côté de celle de Jean-Baptiste Chassang, propriétaire. Etant monté par la porte donnant sur la petite rue, nous nous sommes introduits dans la grande pièce située au bout de l’escalier et prenant jour sur la place des Cordeliers, dans laquelle pièce, nous avons remarqué une dizaine de personnes, dont les uns fermaient des sacs remplis de grains, d’autres attendaient sans doute leur tour tenant leurs sacs sous le bras, d’autres recevant dans leurs sacs le grain qu’y versait le nommé Jean Gouygou, garçon meunier placé près d’un tas de grains. Lequel Gouygou, nous a déclaré qu’il appartenait à son maître qu’il nous a désigné. Nous avons reconnu le Sieur Pierre Henri Lalé, et avons remarqué qu’il recevait de l’argent d’une personne tenant devant elle un sac plein de grains. Ayant représentéau sieur Lalé qu’il était défendu de vendre des grains hors de la halle, il nous a répondu qu’il y avait fait porter un sac. Une femme s’est présentée à nous, et a déclaré que c’était sur ce sac dans la halle qu’elle avait convenu du prix. Il en résulte que ce sac était destiné à servir d’échantillon. C’est une contravention à l’arrêté du maire du 10 juin 1827, et à l’article 471 du code pénal. |
| 23.06.1848.
A requête du sieur Antoine Lalé, marchand d’huile, demeurant à Murel (Patente de 2ème classe n°60), ai cité Jean Bousquet de Meyssac comme témoin contre le sieur Teillard du Touron (Cazillac). Le sieur Laléréclame 23F88 centimes pour 132Kg½ de pain de noix livrés à trois reprises du 10.02 au 8.04.1846. Pierre Teillard répond qu’il n’a pris le pain de noix qu’à deux reprises, et a payé le sieur Lalé. Il ajoute que le sieur Lalé, patenté, fait le commerce du pain de noix comme marchand. L’article 2272 du code civil porte que les actions des marchands contre les particuliers se poursuivent un an. Or, il y a plus de un an depuis la citation. Jean Bousquet, témoin, était domestique chez Teillard, et l’a quitté avant le 1er juin. Il s’était mal conduit avec son maître, l’avait maltraité la nuit de son départ. Il peut donc être récusé. |
| Le moulin de Murel après 1820 |
| Nous avons vu que le moulin
a été vendu par l'abbaye de Souillac à des bourgeois,
vraisemblablement durant les Guerres de Religion vers 1560-1570.
Le moulin va rester dans la même famille jusqu'en 1964, sa transmission par héritage, même si parfois le nom change quand la seule héritière se trouve être une fille. Ainsi, des Fournier, on va successivement passer aux Louradour, Lalé et Simon. Antoine Lalé (1800-1883) En 1820, Élisabeth Louradour,
seule héritière, épouse Antoine Lalé, d'une
famille de meuniers d'Argentat. C'est un homme dynamique. Il va être
de longues années conseiller municipal de Murel.
Il reconstruit toute la partie
comprenant l'usine (la salle des turbines et des tournants), la grande
pièce au-dessus qui donne sur la retenue et la grange étable.
Nous savons par un acte que nous avons retrouvé, qu'il a acheté
des pierres, lors de la destruction d'une partie du mur d'enceinte de Martel
et de la porte de Brive. Il fait reconstruire le pont, vraisemblablement
le four, dont le fournil a certainement été bâti par
des tailleurs de Nespouls. La tour imposante date certainement également
de cette époque.
Il en profite pour moderniser
l'usine en faisant appel à des spécialistes de Souillac.
Le plafond de l'usine est maintenant voûté. (Les tournants
reposaient autrefois sur des poutres de chêne)
Dès 14 août 1833, il achète le moulin Grand du Pic ou moulin du Pic haut, le premier moulin en aval du moulin de Murel. L'achat d'un deuxième moulin n'était pas une décision si rare à cette époque car il permettait ainsi d'éliminer un concurrent. Mais au lieu de moudre davantage de farine, il va consacrer l'essentiel de son temps au négoce des noix, leur transformation en huile et sa vente. Il devient un roulier (voiturier conduisant de grandes charrettes, des charrois sur des chemins ou routes rouliers). Il prospecte le Rouergue, et l'Auvergne, ramenant les produits locaux comme par exemple du fromage. Petit à petit, son fils Pierre Henri, assisté de quelques aides, va se joindre à lui dans cette nouvelle activité. Le 7 juillet 1869, sa femme décède,
laissant trois enfants, un garçon et deux filles. Par une donation-partage,
le moulin revient à son fils, les filles se partageant des terrains.
Mais Antoine Lalé gardera la haute main sur les deux moulins et
le lucratif négoce de l'huile jusqu'à sa mort en 1883. Il
aura donc présidé aux destinées du moulin durant 63
ans.
Pourquoi Antoine Lalé, meunier, se reconvertit-il dans le négoce de l'huile de noix ? Nous pensons qu'assez vite, il a dû prendre conscience des nuages qui s'accumulaient sur l'avenir des moulins. La multiplication des moulins après la Révolution exacerbe en effet la concurrence entre eux. Très vite, ils vont être trop nombreux. En France, leur nombre va passer à près de 100 000 en 1810 !! L'accélération
du progrès technique permet d'accroître le rendement des usines
tout en améliorant la qualité de la farine. Mais il faut
procéder à de très lourds investissements à
commencer par le remplacement des bâtiments pour construire des minoteries,
comme le fera le moulin de Beyssac, le dernier moulin du Vignon. L'arrivée
de nouvelles énergies, le diesel et surtout l'électricité.
bouleverse les conditions de travail. On peut travailler toute l'année
par la simple pression d'un interrupteur, à l'heure que l'on veut.
Le meunier n'est plus esclave des caprices de l'eau. En 1865, l'arrivée
des cylindres qui écrasent les grains, est le signal du début
du déclin irrémédiable des meules, irrésistible
à partir de 1890.
Antoine Lalé a certainement assez vite pensé que la course à l'innovation était perdue d'avance. Et puis, surtout, la technique ne l'intéresse pas. En fait, c'est un commercial, un homme de contact qui aime les déplacements. La preuve en est qu'il va lui-même avec son charrois parcourir les routes, vendre son huile et ramener des produits des pays qu'il traverse. Certes, il a apporté quelques
aménagements au moulin de Murel, profitant de la reconstruction
de l'usine à son arrivée au moulin, mais il ne va plus faire
aucun effort de modernisation. Il y ajoute simplement un blutoir. En 1964,
nous trouverons un moulin qui n'a subi aucune transformation. Il va exclusivement
se consacrer au négoce des noix.
Quand Antoine Lalé achète
le moulin Grand du Pic, il a seulement 33 ans. Il est dans la force de
l'âge.
Son arrière petite fille, encore vivante (94 ans en 2004), a cependant sur lui une opinion assez critique, car, dit-elle, il aimait un peu les jeux, fréquentait de temps à autre les tripots. Elle ne lui pardonnera jamais d'avoir ainsi perdu un pré de peupliers !!! Son bilan est au contraire très
flatteur :
Les livres de comptes d'Antoine
Lalé, aimablement prêtés par Melle Peuch, l'actuelle
propriétaire du moulin Grand du Pic, montrent l'intense activité
de ce moulin à huile de noix. Il fonctionnait beaucoup à
partir du mois de septembre. Les fournisseurs de cerneaux étaient
les grands propriétaires terriens des environs et aussi des métayers
des villages alentour.
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Le moulin Grand du PIC ou moulin du Pic
haut.
Face nord avrc son canal de fuite. |
| Le moulin Grand du PIC
Face sud. Côté des chambres avec boiseries. Les chambres étaient relativement humides car l'eau remontait un peu par les murs. |
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Le moulin Grand du PIC.
Détails de la face nord.
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| Pierre Henri Lalé
(1822-1903)
Pierre Henri Lalé, né
en 1822, décède en 1903. Il a 81 ans.
|
| Antoine Clément Lalé
(1856-1895)
Né en 1856, il décède
en 1895. Il a seulement 39 ans.
Antoine Clément n'a jamais
géré directement le moulin de Murel car, mort avant son père,
il n'en a jamais été propriétaire.
|
| Marie Louise Lalé
(1887-1964 ?)
Bien que née au moulin
de Murel, elle passera la plus grande partie de sa vie au moulin Grand
du Pic.
|
| Le moulin du temps des Decros
(1916-1932)
Nous avons de nombreuses informations, grâce à la famille Decros, qui a bien voulu, et nous l'en remercions vivement, nous remettre des photocopies de la correspondance échangée entre M. Decros, meunier et M. Simon. D'emblée, les relations
sont assez difficiles.
Par une lettre du 23 octobre
1917, il refuse et l'inspecteur des impôts, donne une analyse très
précise de sa situation.
Le meunier Decros s'en tire plutôt mieux. Il peut se nourrir sur place, il est logé à bon compte et peut vendre à bon prix les produits provenant de quelques élevages et de la pêche. M. Simon lui fait remarquer que les industriels, les commerçants et les agriculteurs augmentent les prix de leurs produits au fur et à mesure que croit la cherté de la vie. "Vous, faites au moulin vos affaires, gagnez de l'argent, prospérez-y, personne plus que moi n'en sera heureux et personne ne le souhaite plus que moi". D'après la fille de Marie Louise, les Décros semblent des personnes assez dures. Ils ne laissaient approcher personne du moulin. Ils ne voulaient pas nourrir les ouvriers chargés des réparations. Les relations se détériorent. Un deuxième contrat est
cependant signé toujours avec les Décros pour sept ans (1925-1932).
La situation de M. Simon va s'aggraver car la forte inflation continuera après la guerre, et les traitements ne vont pas suivre. Le moulin ne rapporte pratiquement
rien. Il est pour M. Simon une source constante de soucis.
M. Decros de son côté,
ne semble toujours pas faire preuve de beaucoup de bonne volonté.
Il répugne toujours à assurer les travaux d'entretien.
Ces données, traduisent la situation difficile que connaît en 1932 le moulin de Murel. La situation des propriétaires et de leurs meuniers n'est pas spécifique au moulin de Murel. Elle ne fait que se dégrader. On va assister à de nombreux abandons à partir de 1930. Le meunier qui part n'est pas remplacé. |
| Le moulin du temps des Maillot
(1932-1938)
Le moulin va cependant de nouveau
être affermé.
Pourquoi M. Simon a-t-il conservé
ce moulin qui ne rapportait plus rien, et était la source de nombreux
soucis ?
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| Le moulin durant la guerre
39-40
Le moulin sera inhabité.
Il reprendra clandestinement du service par Peyridieu, le deuxième
mari d'Augustine Leymarie, mère de Marie Louise Simon. Il aura des
problèmes avec la gendarmerie, car il n'a aucun droit sur ce moulin.
C'est alors qu'un adjoint au
maire eut l'idée de faire de cette vallée, disent toujours
les filles Lalé, un genre de "Luna Park" pour les gens de Martel.
Marie Louise assure un minimum d'entretien, en particulier la réparation des toits. En 1960, une des filles a une
crise cardiaque. Elle ne peut plus conduire au moulin sa mère âgée
de 76 ans.
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Le moulin du Pic (Bas) dont il est question, est le moulin en aval du moulin du Pic (Haut), propriété de Marie Louise Lallé
Cette lettre est écrite sur un imprimé à entête
de l'administration fiscale.
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Le Vignon, le four et la bergerie, appelée à l'époque "chambrette". |
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Une vue générale de la retenue du moulin de Murel. On voit très bien, qu'elle est en surplomb de la vallée. Le Vignon se jette dans la retenue pour la quitter par deux déversoirs. Il n'y a pas de canal de dérivation. |
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